Archive for Tranches de vie

Le sourire de l’ Enfant

pleurepasmamandouceurIl y a des choses qui nous marquent dans notre petite enfance.
Il est difficile de retrouver des souvenirs avant 4 ans.
Néanmoins, au-delà des photos et des histoires que nos ascendants nous content,
il y a des instants qui restent… pour toujours.

Ces jours-ci, un souvenir m’est réapparu comme un électrochoc.
Des images, des visages, mais aussi mes ressentis.
L’incompréhension, la déception, et même la honte.

Je devais avoir trois ou quatre ans.
Ma sœur, maman et moi étions en visite chez notre nourrice.
Ma mère et ma nourrice discutaient. 
Les mots défilaient mais ils ne me parlaient pas.
-Du langage d’adultes-
Ce qui me parlait, c’était le visage triste de ma nourrice.
Puis s’en est venu ses larmes, ses gémissements.
Dans mon esprit de petite fille, ma nounou avait besoin de réconfort.
Ce que je pouvais lui donner à ce moment c’était un sourire.
Elle m’a vu, et tout en pleurant, a dit quelque chose qui devait ressembler à :
— « ah ça te faire rire toi ma petite les soucis d’adultes »
Ce n’était pas méchant.
Je n’ai pas ressenti de méchanceté.

Mais un sentiment d’incompréhension m’a envahie.
J’étais blessée que mon sourire n’ait pas eu le pouvoir que je lui voulais.
Un sourire pourtant plein de douceur et en rien moqueur.

Alors que j’étais avec mon bébé,
Elle m’observait,
en silence…
Et puis elle m’a souri.
Joyeusement et bruyamment.

Que c’était réconfortant !

 

Ce n’est pas vraiment une {frian}dise*, mais c’est quand même une douceur.
Une douceur que j’ai envie de ranger parmi les {frian}dises.
Car comme les {frian}dises, c’est un moment de vie généreux vécu grâce à mes enfants,
qui me replonge dans mon enfance et m’aide à les comprendre.

* anecdote rigolote basée sur des mots d’enfants tordus, confondus ou juste attendrissants et n’ayant pas forcément rapport avec la nourriture – Mot inventé par MissBrownie du blog Mes Doudoux et compagnie pour dire enfan(t)dise qui est une marque déposée.

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[Frian]dise ~ Si, si. Le loupiot a toujours raison.

(frian)dise

Voilà ce qu’il est arrivé pas plus tard que vendredi dernier.
Finalement, ça partait d’un bon sentiment…
Mais quelle ténacité, quelle imagination…
Mes loupiots m’emportent avec eux dans leurs univers, leurs logiques… et j’adore !

Parfois je me dis :
« Mais pourquoi je ne suis pas allée dans le positif plus vite ! »

J’aurais pu lui dire, dès le début :
— tu trouves que ça ressemble à une poubelle ?
ou bien
— ce n’est pas une poubelle, mais aimerais-tu que ça en soit une ?

Voici petite participation aux frian-dise du mercredi © Mes Doudoux et compagnie

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La chambre de Pipou

panoramik

Il y a quelques temps, je vous laissais monter au deuxième pour vous faire découvrir les chambres des loupiots.

J’ai pour passion de changer les meubles de place…
Ça me dé-stresse.
Oui mais après avoir imbriqué toutes les combinaisons de meubles possible dans le salon, et frustrée de ne pouvoir bouger baignoire ou cuisinière…
je m’en prends aux chambres des enfants.

Ils grandissent, ils n’ont plus les mêmes besoins, les mêmes jouets.
Et puis remarquez comme ils adorent ça !
Quand leur chambre est rangée, c’est comme s’ils redécouvraient leurs jouets.
Ils se remettent à passer des heures à emboiter leurs LEGO®.
Quel plaisir !

La semaine passée, je m’en suis prise à la chambre du Pipou qui n’a plus besoin de table à langer,
qui adore les livres,
qui aime inventer,
assembler,
superposer,
colorer… rêver.

Le thème de la forêt reste présent, les tons vert, bleu et orange également.

J’aime beaucoup la pédagogie Montessori.
Je dois dire qu’avec une famille nombreuse, encourager son enfant à faire seul, au delà d’une tendance, c’est une nécessité pour le bien-être de chacun.
Alors dans sa chambre il y a un coin lecture bien douillet où tout est à sa hauteur, une étagère avec des jouets qui changent de place régulièrement, des jouets d’emboitement, de motricité et d’imitation comme des marionnettes et des déguisements, des bacs pour ranger et trier…

Certes ce n’est pas une chambre qui pourrait figurer dans les magazines de design pour enfant, mais elle est fonctionnelle, colorée, aux gôuts de mon loupiot qui est ravi de ce coup de frais (et ses frère-et-sœur également qui viennent squatter)

Regardez…

 

animaux autrevue  cornerlectrure viedensemlbe

 

Bientôt je vous montre les autres chambres, qui changeront encore d’ici quelques mois quand la Souricette investira les lieux !

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Ma vie en post-partum #1

postpartum_cycledelavie

Post-partum.
Rien que le terme est follement sexy.
On n’en connait pas grand chose de ce « post-partum » lorsqu’on a jamais enfanter.

On sait un peu par les copines, la voisine…
Moi c’était par ma frangine.

J’avais bien vu ce ventre qui reste un peu gros quand on rend visite au bébé.
Je crois que cet état de grasse m’avait tellement émue que j’avais apporté à ma sœur ce que j’avais de joli, élastiqué et ample dans mon dressing. Je me souviens de ce pantalon fluide mango et de cette tunique feu Xanaka.

Et puis vint mon tour.

Je n’avais pas capté que je serais pire qu’une indisposée pendant six semaines…
je n’avais pas grillé que j’allais être si fatiguée pendant des années…
je n’avais pas compris que je devrais remusclé mon périnée…
je n’avais pas calculé que prendre une douche serait la panacée…
je n’avais pas idée que je pouvais déprimer…

Voilà mon quatrième post-partum.
J’adore avoir un nourrisson à découvrir, à materner…
Je n’adore pas le reste.

Le pire à encaisser, c’est ce corps.
J’aurais du m’en douter, vu mon passé.

Ce corps. Ce ventre.
Ce ventre vide.
Ce vendre vide mais toujours présent - trop.
Et puis ces cuisses un peu enrobées…

Sachez que c’est pour la bonne cause.
Ce sont des réserves pour qui veut allaiter.

Ça tombe bien j’allaite.

En attendant il va falloir supporter ce corps, tenter de le dissimuler, sans trop dépenser.

Les yeux féminins, intraitables, sont rivés sur vos formes. (A t’elle perdu tous ses kilos de grossesse ?)
Rassurez-vous, votre homme n’en sera pas gêné.
Son regard, c’est ailleurs qu’il le pose…
Il voudrait retrouver sa femme – et qu’ça saute !

Les jérémiades, personne n’a envie de les entendre.
Il faut aller de l’avant.
Vous avez un merveilleux bébé.
Et c’est vrai.

Pourquoi vouloir toujours tout trop vite, tout de suite ?
« Neuf pour le faire, neuf mois le défaire » - c’est ce qu’on dit.

Chut.

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Vite ! Je vais (encore) accoucher…

ptitfour10

 

Une semaine après mon article sur la peur d’accoucher, j’ai accouché.

Est-ce que mes propres conseils m’ont servi ?
Est-ce que j’ai eu une préparation efficace ?
Ai-je eu l’accouchement physiologique que je désirai ?

Les réponses sont oui. OUI. OUI !

Voici le récit de mon accouchement :

La semaine débute, nous sommes lundi 7 juillet, je suis à 25 jours de la date présumée d’accouchement. Je me sens différente.
Je sais que l’heure de la rencontre approche. 
J’ai de plus en plus de contractions, bien que bénignes.

Le mardi 8 juillet, j’ai ma dernière prise de sang à faire.
La journée passe, toujours avec des contractions superficielles et peu nombreuses.
Néanmoins, je sens que mon corps travaille, mes hanches et mes reins me tiraillent.
Ces signes annonciateurs me donnent envie de faire des exercices sur le ballon et d’autres étirements appris lors de mes précédentes grossesses ainsi que lors d’un cours de yoga.

Le mercredi 9 juillet, j’ai du travail sur ordinateur à terminer mais la position assise m’est vraiment inconfortable.
J’ai envie d’être debout, de marcher…
Mon ours m’observe du coin de l’œil et me fait remarquer que l’arrivée du bébé n’est qu’une question d’heures.

Pendant la nuit, je me réveille à 1h du matin avec des contractions. De douces contractions qui me tiennent en éveil.
Je me sens joyeuse et je n’ai plus très envie de dormir.
Finalement, le sommeil revient vers 4h du matin.
Je me réveille et les contractions sont toujours là, mais irrégulières.

Nous sommes le jeudi 10 juillet et ce jour là, c’est le départ du Tour de France dans notre ville.
Afin de se sentir zen si le départ en maternité doit se faire, on décide d’appeler MamieCotte pour qu’elle vienne chercher les trois loupiots. Ils sont euphoriques !

Je prends le temps d’une douche chaude, de me coiffer, me maquiller un peu, puis de finir la valise.
Je porte ma robe longue grise dans laquelle je me sens jolie et à l’aise.

Les enfants partiront vers 10H et nous restons à deux dans notre Terrier, tel un jeune couple attendant leur premier enfant.

J’alterne entre les postures sur le ballon et un peu de sophro sur le canapé quand je me sens fatiguée.

Midi arrive rapidement et les contractions deviennent douloureuses.
Jusque là, j’arrivais à être mobile lorsque la gêne montait, mais à présent, leur intensité me fige, et je dois prendre des positions qui étirent mon dos. L’Ours me masse le bas du dos – c’est apaisant.
On décide de calculer le temps entre chaque : elles sont espacées de 3 à 4 minutes.

Je m’aperçois en allant aux toilettes que je perds le bouchon muqueux.
13H arrive vite et je me dis qu’il faudrait se mettre en route…

Je commence à avoir de plus en plus mal, et je ne sais pas combien de temps nous mettrons à arriver à la maternité, de nombreuses routes étant interdites à la circulation.
Je vois mon Ours embarquer deux grosses couvertures… on ne sait jamais, et si j’accouchais en voiture ?

Le trajet est difficile : les routes sont saturées de véhicules, de bosses, d’arrêts…
Je m’étire comme je peux en poussant sur le toit de la voiture avec les paumes de mes mains et sur le plancher avec mes pieds tongués.
J’ai de moins en moins de répit entre chaque vagues de douleurs.
Après une vingtaine de minutes, nous arrivons à la maternité et nous décidons de passer du côté « urgence » - c’est plus rapide.


Vers 13h45, après avoir franchi les trois portes de sécurité, nous voilà face à deux femmes, une sage-femme et une puéricultrice qui rient jaune en nous voyant arriver. Elles rient ensuite de bon cœur quand l’Ours annonce que nous venons pour un accouchement. Sérieusement ?


Je demande à aller en « salle nature », mais ce ne sera pas possible !
Et oui, si le personnel est si nerveux, c’est que nous sommes neuf ce jour là à remplir les pièces de la zone accouchement. Soit un record. Est-ce dû à la pleine lune arrivant le week-end, aux dernières activités terrestres (tremblement de terre) ? Mystère…


On me place rapidement en salle de pré-travail. Cette salle austère sans cabinet de toilette, avec un lit d’examen étroit et peu confortable, qui sert à faire des contrôles monitoring.
Entre mes immobilisations pour cause de contractions, j’arrive à dire qu’il faudrait ne pas me quitter trop vite, car j’ai pour habitude d’avoir des accouchements rapides.
Je pense que j’ai bien fait car elles auraient pu vite repartir dans une autre salle…
La sage-femme m’examine et confirme que je suis presque prête à accoucher.

L’Ours prévient que nous souhaitons un accouchement physiologique avec le moins d’intervention possible.
Elle nous informe que mon obstétricien n’est pas de garde, et je lui dit que je m’en fiche, que elle seule me suffit. Ça la flatte et elle est toute joyeuse.
Elle me dit que je peux accoucher comme je veux, qu’elle s’adaptera.

Je passe rapidement la blouse bleue, et une aide-soignante me place un cathéter – ce sera la seule intervention que j’aurai.
Je suis debout sur le côté du lit quand spalsh la poche des eaux se rompt. Impressionnant !
L’intensité de la douleur monte en flèche, je sens que ça pousse et je ne sais plus comment me mettre.
La sage femme place rapidement un morceau du matelas du lit d’examen à mes pieds.
Je suis toujours debout.
Je me penche en avant en m’accoudant sur le lit et je demande en piaillant qui va (r)attraper le bébé ?!
La sage-femme me rassure en me disant que c’est elle.
Je demande à mon Ours de se placer devant moi pour lui empoigner les mains… et je pousse… parce-que j’en ressens vraiment le besoin.
Le bébé sort très vite et je sens bien son petit corps qui passe puis glisse… la tête, les épaules, rapidement le corps…et puis le cordon !
L’Ours annonce que nous ne connaissons pas le sexe du bébé.
Il coupe le cordon. J’entends mais je ne vois pas. Ils sont derrière moi. Ou peut-être à côté… moi je me remets un court instant de mes émotions.
La sage-femme pose le bébé sur le lit avec une petite serviette sur son intimité et nous laisse découvrir…
On soulève le petit papier et…
c’est une fille !

 

Nous sommes comblés.
Nous sommes au complet.

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