Alors que j’effectuais des recherches sur la technique de la carte-à-gratter,
je suis tombée sur des illustrations qui m’ont laissées bouche-bée.
J’ai voulu en savoir plus sur l’auteur, et j’ai découvert le blog de :
Séduite par son style, je me suis empressée d’acheter deux de ses livres pour les enfants.
Cendrillon, version classique de l’histoire, appréciée par les enfants, qui nous a servi de support pour un atelier [ré]créatif.
Et La Chose, une histoire drôle et touchante, narrée par des chiens.
J’avais vraiment envie de partager un kawa virtuel avec Alexandra.
Quand elle a accepté, j’en étais toute excitée !
…Elle a préféré un thé.
♨♨♨♨♨

→ Myzotte : Alexandra, peux-tu nous raconter ton parcours scolaire ?
Alexandra Huard : Je suis rentrée à l’école Émile Cohl directement après le bac.
Il s’agit d’une école lyonnaise de dessin, pour des métiers orientés vers les domaines du livre pour enfant, de la bande-dessinée, ou du dessin animé.
Le cursus est en quatre ans.
J’ai été diplômée en juin 2010.
→ M. : Il me semble que tu as, dès la sortie de l’école, pu travailler avec des maisons d’édition (c’est la dédicace à tes professeurs sur le livre La Chose qui me suggère cela ;^)), comment vis-tu ce succès ?
A.H. : J’ai effectivement commencé à travailler sur La Chose directement après le diplôme.
C’était rassurant de trouver du travail rapidement. J’étais assez stressée pendant mes études à l’idée de galérer plusieurs années avant de commencer à publier. J’ai eu de la chance qu’on me fasse confiance très vite pour un premier livre. Avec une première publication, il est plus facile d’enchainer sur d’autres.
→ M. : Est-ce facile de se faire entendre quand on arrive fraichement sur « le marché » ?
A.H. : Il y a une production très massive de livres pour enfants, des centaines de titres nouveaux chaque année. Ce n’est pas très bon pour la place occupée par chaque livre, mais ça à l’avantage de permettre à de nombreux jeunes dessinateurs d’être publiés.
Je pense aussi que c’est plus facile lorsqu’on a un style qui correspond à l’attente des éditeurs. Je ne peux pas dire que c’est facile pour tout le monde, car il y a des personnes extrêmement talentueuses qui ont des difficultés à être publiées parce que leur style est plus singulier.
Par ailleurs, grâce aux nombreux salons dédiés à la littérature jeunesse, il est assez facile de rentrer en contact avec des éditeurs, qui sont toujours en recherche de nouveaux talents.
→ M. : J’aimerais connaître ton environnement de travail, avec quelle(s) technique(s) illustres-tu ? Es-tu seule dans ton « atelier » ?
A.H. : Je travaille dans un atelier à Lyon de 11 dessinateurs.
Je suis la seule à dessiner pour les enfants, les autres sont plus tournés Bande-dessinée. Il y a des styles variés et c’est un très bon entourage (bien plus stimulant que de travailler toute seule chez moi !)
Je travaille la plupart du temps à la peinture (gouache) mais il m’arrive aussi de travailler directement sur ordinateur.
Dans tous les cas, mon pc est indispensable pour scanner et « cleaner » l’image.
→ M. : Le numérique a t-il une place dans ton travail ? Si oui, à quelle(s) phase(s) ?
A.H. : Je préfère les techniques traditionnelles, mais le numérique est toujours d’un bon secours pour pas mal de choses. Un raccourci confortable on va dire…
→ M. : Quelles sont tes sources d’inspirations ?
A.H. : Plein de choses, chaque jour. Une jolie maison au bord de la route, un beau meuble, un vieux vélo, un joli tissu… Le cinéma, la peinture, la bande-dessinée…
→ M. : Sur ton blog, et sur les 2e et 3e de couverture de tes livres, j’ai découvert de superbes motifs, est-ce que les imprimés te passionnent et auront une place dans tes futurs projets ?
A.H. : J’adore faire des motifs, choisir leurs couleurs. Ça me détends beaucoup. J’aimerais en faire encore plus, pour le textile par exemple, mais c’est un autre milieu et je n’ai pas encore trouvé le temps de chercher des offres dans ce domaine là.
→ M. : Comment vis-tu le respect des droits d’auteurs, le fait que tes images peuvent se balader avec ou sans mention sur la toile ?
A.H. : Une grande partie des éditeurs qui m’ont contactée on découvert mon travail sur le net, justement parce que les images voyagent beaucoup par ce biais. Je ne vais donc pas m’en plaindre, puisque ça m’offre beaucoup d’opportunités. Pouvoir voir mes images librement n’a aucune influence négative sur la vente de mes livres, au contraire.
→ M. : Pour finir, que pouvons-nous te souhaiter pour la suite ?
A.H. : Avoir le temps de faire tout ce que j’ai dans la tête !
Merci d’avoir pris le temps pour cet échange très instructif Alexandra.
Une belle aventure commence pour toi !
Au plaisir,
Myzotte.
Quelques images :






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